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Mythes & Légendes,  Non classé

L’alchimie, le secret de l’immortalité

Transformer du plomb en or, fabriquer une pierre rendant immortel … Les légendes concernant la pierre philosophale sont nombreuses. Mais Est-ce que cette pseudoscience pourrait avoir réussi certaines de ces expériences fabuleuses ? Comme la voyance et la médiumnité, l’Alchimie se trouve quelque part entre science et magie. Et parfois, on ne sait pas très bien ce que l’on doit croire ou non. Qu’est-ce qu’est l’alchimie ? A-t-elle un lien avec l’Invisible ? 

 

L’alchimie est-ce une science ? 

L’alchimie est plus une “discipline” qu’une science. Principalement parce qu’elle se base sur une série de spéculations. C’est à dire que les alchimistes s’appuient sur des théories mais pas sur faits prouvés. Ils tentent différentes expériences afin de tester la transmutation des métaux. Ce qu’on appelle transmutation de la matière désigne en fait la transformation d’une substance en une autre. Aujourd’hui cela est chimiquement possible grâce à la force atomique : c’est ce qu’on appelle une transmutation nucléaire. Mais du temps où l’alchimie était pratiquée, d’une part les scientifiques ne pouvaient pas savoir comment transformer un atome en un autre, mais ils n’en avaient tout simplement pas les moyens. En effet les pratiques de type alchimique ont existé dès le IVe siècle avant Jésus-Christ. Elles sont apparues en Chine puis un peu plus tard en Inde. 

D’où vient l’alchimie ? 

La réelle alchimie que nous connaissons, c’est-à-dire l’alchimie occidentale commence en Égypte gréco-romaine au début de notre ère. Puis le monde musulman nous transmet ces savoirs lors du Moyen Âge. Mais l’alchimie se développera réellement pendant la Renaissance jusqu’à l’époque moderne (c’est-à-dire jusqu’à la fin du XVIIIe siècle). En effet cette pseudo-science connaît une phase de déclin pendant le XVIIIe siècle. Même si sa pratique ne disparaît pas totalement. Ce déclin est  à l’avènement de la chimie moderne, et de ses expérimentations menant à de véritables découvertes médicales en France. Antoine Lavoisier, notamment, est un grand critique de l’Alchimie. 

Les buts de l’alchimie 

L’alchimie était une discipline regroupant de nombreux représentants et philosophes. Elle s’était donné des buts distincts, dont certains sont encore connus aujourd’hui. Le plus emblématique de ces buts est, bien-sûr, la construction de la pierre philosophale. Mais il existe aussi ce que l’on appelle le « grand œuvre ». Ce grand œuvre, c’est la capacité à transmuter les métaux vils, comme le plomb en métaux nobles, comme l’or ou l’argent. Mais l’alchimie avait aussi d’autres buts le plus souvent thérapeutiques, comme la recherche d’un élixir d’immortalité ou de ce qu’on appelle la Panacée. La médecine a donc un rôle très important dans le développement de l’alchimie. 

Nous pouvons diviser les buts de l’alchimie en trois catégories. Le but métallique (transmutation), le but médical (trouver une médecine universelle) et le but métaphysique. En effet pour ce dernier but, l’alchimie se présente comme une philosophie qui cherche à comprendre et expliquer le lien entre la matière et l’esprit. L’alchimiste est celui qui rend pur ce qui était perverti. C’est peut-être en cela que cette pratique est intéressante pour nous. L’alchimiste joue avec les énergies afin de faire retrouver son équilibre au corps, qu’il soit fait de chair ou de métal. 

 

Le mythe de la pierre philosophale 

Ce qu’on appelle la pierre philosophale, est une hypothétique substance chimique. C’est-à-dire que ce serait un métal transformé par l’alchimie, mais qui serait à leur actuel introuvable. L’objectif premier de l’alchimie était en effet de prolonger la vie humaine au-delà de ses bornes naturelles : de conférer l’immortalité. 

D’où vient la pierre philosophale ? 

Nous retrouvons des références à l’immortalité et à cette pierre dès l’Antiquité. Et les racines théoriques de création de pierre philosophale remontraient à la philosophie grecque. Pour d’autres chercheurs le secret de l’immortalité serait issu d’Adam et aurait été transmis à travers les différents patriarches de la Bible. Selon Platon, les quatre éléments sont issus d’une source commune que l’on appelle matiera prima c’est aussi le nom que les alchimistes attribuent à la matière de départ servant à la création de la pierre philosophale. 

La pierre philosophale doit à la fois servir dans le domaine médical, mais aussi dans le domaine de la transmutation. Elle doit en effet permettre une stabilité dans le changement d’un élément en un autre. Selon la légende au XIIIe siècle, le scientifique et philosophe Albert le Grand aurait découvert ladite pierre philosophale. Il l’aurait transmise peu de temps avant son sa mort à son élève Thomas d’Aquin mais celui-ci ne confirme pas avoir en sa possession la pierre. Il rapporte malgré tout avoir été témoin du phénomène de transmutation. 

La fin d’une croyance 

Durant la Renaissance, cette théorie d’une pierre pouvant permettre l’équilibre durant la transmutation est encore plus importante. Pour les alchimistes, il serait possible d’en obtenir une poudre, qui une fois projetée sur un minerai en fusion le féconderait, le ferait croître et le transformerait en or. Mais rapidement, la pierre philosophale devient l’objet de nombreuses escroqueries atteignant même le roi de France : en 1137, un denommé Dubois parvint à berner Louis XIII et Richelieu avant d’être découvert et pendu. 

La pierre philosophale acquiert donc le statut d’arnaque, jusqu’au XVIIIe siècle où Diderot critiquera cette croyance à l‘intérieur de l’Encyclopédie. Il raille ceux qui croient encore avoir découvert le secret de la pierre philosophale. Aujourd’hui son souvenir nous est parvenu à travers contes et légendes, ou à travers des reprises comme dans la saga Harry Potter. 

 

Qui était Nicolas Flamel ? 

Si vous avez regardé le premier film de la série Harry Potter, vous avez sûrement entendu parler du nom de Nicolas Flamel. 

Une vie de bourgeois 

Il s’agit, historiquement, d’un bourgeois parisien du XIVe siècle qui était aussi écrivain et copiste. Il a une carrière prospère, et se marie avec une femme ayant de nombreux biens et l’aidant à assurer une vie confortable. Cette fortune explique en partie la rumeur qui enfle au fur et à mesure sur Nicolas Flamel.  Cette rumeur vous la connaissez sûrement déjà, c’est que Nicolas Flamel serait un alchimiste ayant réussi à découvrir la pierre philosophale. Sa capacité à transformer les métaux en or pourrait expliquer sa grande fortune. Pendant le XVe siècle la croyance en l’alchimie amene plusieurs auteurs et plusieurs philosophes à penser que l’origine de certaines fortunes bourgeoises du Moyen Âge provenaient d’une la possession de la pierre philosophale. 

Une réputation d’alchimiste 

Les auteurs du Moyen Âge, comme Flamel, ne signaient pas toujours leurs œuvres et d’ailleurs c’était en fait très rare. Plusieurs ouvrages d’alchimie ont ainsi été reliés à Flamel, le hissant au rang de grand alchimiste. Dans les faits rien ne dit qu’il l’ait été ou non. 

 Pour ce qu’il s’agit des livres qui lui ont été attribués avec certitude, il s’agissait souvent de livres religieux. Dès le XVe siècle, on s’évertue à trouver dans l’écriture de Nicolas Flamel des allégories alchimiques, dont le secret de la fabrication de la pierre philosophale. Mais plutôt que de s’ennuyer à essayer de trouver un sens à ses propres œuvres, il était bien plus intéressant de lui attribuer de nombreux livres parlant de transmutation ou d’autres formules entre magie et science. 

La Légende de Nicolas Flamel en tant que grand alchimiste fut reprise de très nombreuses fois entre 1567 et 1575 notamment. Flamel était aussi un libraire, C’est-à-dire que non seulement il gardait et revendait des livres. Mais en plus de cela il partait à la recherche de manuscrits rares. La théorie selon laquelle il aurait découvert un ancien livre contenant le secret de la pierre philosophale fut introduit en 1578 et c’est souvent encore la version qui nous parvient aujourd’hui. Aujourd’hui tout ce qui pourrait faire croire que Nicolas Flamel était un réel alchimiste, date d’après sa mort, du 15e 16e ou XVIIe siècle, et semble peu probable. 

 

Alchimie et Invisible : la fiction et la réalité 

L’alchimie, dans les faits, est principalement une construction de légendes qui essayent de se présenter comme une science malgré l’impossible réalisation des expériences qui en sont proposées. Si un procédé peut aujourd’hui permettre la transmutation des métaux, la croyance en la pierre philosophale ou en l’immortalité est vaine. Bien sûr, l’objectif de l’homme de trouver remède à toutes les maladies est toujours le même. Mais la médecine, notamment la médecine chimique, a aujourd’hui remplacé les théories alchimistes. Ce qui est néanmoins intéressant, c’est le rapport entre alchimie et invisible. 

Il est probable que plusieurs alchimistes aient été voyants ou médiums par exemple. Mais le plus intéressant reste leur discours sur les énergies. Selon leur philosophie, l’alchimiste devait réaiguiller les mauvaises énergies d’un objet, les ondes qui n’étaient pas pures, et en valoriser les bonnes. Il aurait été probable que certains de ces théoriciens aient voulu appliquer la connaissance qu’ils avaient déjà du magnétisme humain, ou en tout cas leur capacité à apaiser les corps, sur des objets notamment métaliques 

Dans les faits, les croyances peuvent avoir des origines spirituelles, mais il n’a jamais été démontré qu’il était possible de transmuter du plomb en or, ou de rendre immortel un homme. Aujourd’hui, la science met en évidence la longue vie de certains animaux. Certaines méduses sont même presque immortelles, en effet elles se régénèrent d’ellesmême. La science s’inspire de ces cas dans ses recherches pharmaceutiques. L’alchimie était peut-être un moyen pour certains sorciers ou certains voyants et médiums de faire passer leurs réalisations surprenantes pour pures, comme chrétiennes. L’alchimie en effet était moins critiquée par l’Eglise que ce qu’on appelait au Moyenge et à la renaissance “sorcellerie’. 

 

De belles légendes à raconter 

Aujourd’hui, ce qu’il reste des croyances et des pratiques alchimistes, ce sont de belles légendes. Si l’alchimie a essayé de se faire passer pour une science, son absence de résultat, et les nombreuses arnaques qui se sont inspirées de la pierre philosophale l’ont décrédibilisée. À notre époque, l’alchimie rappelle, tout comme la sorcellerie, un imaginaire qui inspire films et romans.