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Spiritualité

C’est quoi l’Amour ?

L’Amour avec un grand A. Cet amour que l’on recherche tous, qui peut tantôt être la raison de notre bonheur ou de nos désespoirs sur Terre. A quoi ressemble le véritable amour ? Qu’est ce qui le différencie de l’affection ? Plus globalement aujourd’hui, demandons-nous « Qu’est-ce que c’est que l’Amour ?» et d’où vient la vision qu’on en a aujourd’hui.

Les définitions philosophiques de l’Amour

De mémoire d’Homme, l’amour a toujours été un élément décisif dans la vie et l’histoire. Et cette importance du sentiment amoureux, parfois au détriment d’autres émotions a toujours interrogé les philosophes.

Déjà pendant l’Antiquité, l’amour créait débat. La plupart des philosophes appelaient à s’en méfier car ils considéraient les sentiments amoureux comme illusoires, éphémères. Mais un grand philosophe comme Platon a remis au goût du jour la réputation du sentiment amoureux. En 300 av. J.-C. environ, dans son livre Le Banquet, il rédige les enseignements du grand philosophe Socrate. Il reprend les mythes antiques pour justifier sa théorie selon laquelle l’amour est nécessaire à l’homme pour qu’il soit heureux. Selon certaines légendes romaines, l’homme à l’origine aurait été une sphère, mais Zeus le coupa en deux. L’amour, est le lien qui oblige l’homme à chercher sa seconde moitié pour vivre heureux. Pour Platon, l’amour est une force, un élan du cœur qui nous porte vers une autre personne. C’est à partir de son idée que les philosophes se mettent à chercher comment définir l’amour et surtout comment l’expliquer, comment savoir d’où il vient.

La biologie de l’amour

Le mot amour vient du latin amor qui signifie un désir et une affection extrêmement forts. Peu à peu, les philosophes, qui décrivaient ce sentiment comme étant un piège au début de l’Antiquité, vont définir l’amour comme cette inclination vers une autre personnes. L’amour est dans ce cas le contraire de l’égoïsme. Selon Tolstoï, c’est « le renoncement au bien individuel ». Mais la perception de l’amour comme étant négatif revient, notamment avec les philosophes des Lumières qui considèrent que l’amour va à l’encontre d’une Raison objective. Selon Descartes, par exemple, l’amour nous empêche de voir ce qui est bon ou mauvais : il nous aveugle.

Aujourd’hui, en dehors de la philosophie, les scientifiques ont commencé à expliquer d’où viennent les sentiments amoureux. En dehors de son but reproductif, l’amour nous rend souvent heureux et est donc une bonne chose pour notre santé. « Être malade d’amour », à la manière de médecin analysant une maladie, les sciences décortiquent les symptômes physiques de ces sentiments psychologiques. L’attirance d’abord, la sensation de papillons dans le ventre, les pupilles qui se dilatent, les mains moites. Ce sont autant de symptômes de l’attirance physique : ce n’est pas encore le sentiment amoureux mais notre corps réagit. Il libère une hormone appelée la noradrénaline, qui a pour but d’éveiller notre attention, d’attiser notre envie de contact. Puis nous nous mettons à séduire la personne qui nous attirait : rendez-vous, échange de mots doux. Ici aussi des hormones spécifiques sont libérées, de la dopamine et de l’ocytocine pour les femmes, de la dopamine, de la testostérone et de la vasopressine pour les hommes. Si les deux personnes du couple émettent ces hormones qui permettent de créer une relation intime, bien souvent, c’est que le sentiment amoureux est sur la bonne voie. A ce moment de la relation, plusieurs faits scientifiques permettent d’expliquer pourquoi l’amour rend aveugle, pourquoi notre jugement envers la personne qui nous attire est moindre, ainsi que la raison de notre joie constante. Ce qui fait alors la différence entre un amour véritable et un amour éphémère, c’est la capacité des personnes du couple à maintenir ce bonheur, un jugement ouvert sur l’autre personne.

L’amour est aussi ce qui nous permet de nous lier, même d’amitié avec d’autres personnes, afin de créer de petites communautés et sociétés, pour nous permettre en tant qu’humain d’être plus forts ensembles, contre l’adversité.

L’Amour positif ou l’Amour négatif ?

Et pourtant… Lorsque nous parlons d’amour, nous sommes tous un peu partagés. Si l’amour, en tant que sentiment universel est ce qui donne à l’humanité son langage universel, pourquoi nous cause-t-il parfois tant de malheur ?

En fait ce n’est pas tant d’être amoureux qui pose problème : c’est souvent soit de ne pas aimer, soit de ne pas être aimé en retour. L’amour (ou plutôt son absence) peut créer une grande frustration pour celui qui n’a pas trouvé la bonne moitié, ou qui l’a trouvée, mais pas au bon moment. Il est vrai pour autant, que parfois aimer et être aimé peut causer une vive douleur : un amour trop violent, trop brutal, ou un amour qui ne satisfait pas la manière dont on envisage sa vie. Mais le plus souvent, si l’amour est douloureux, c’est que nous n’avons pas trouvé la bonne personne, qu’il faut chercher ailleurs. Bref, il faut tout recommencer. Et c’est bien souvent cela qui fait peur. C’est d’ailleurs de cette même peur que nait la “maladie d’amour”. La peur de perdre celui ou celle que l’on “possède” déjà. Même si c’est une mauvaise possession. Celle qui était jadis la bonne personne ne nous correspond plus. Dans ce cas, il ne sert à rien de souffrir pour le confort d’un petit foyer bien construit. La meilleure solution est de faire face et d’accepter une vérité : l’impermanence. Tout change, et parfois même l’amour.

Car tous les philosophes et scientifiques se mettent d’accord : la recherche de l’amour, c’est aussi une recherche du bonheur. En effet, l’amour est ce qui crée les plus grandes joies de la vie. Recevoir et donner, c’est la nature même de la vie.  Aimer ce n’est pas que tomber amoureux, c’est prendre soin, donner aux autres, et être aimé c’est recevoir sans jamais demander.

Voici ce qu’est l’amour, cet imbroglio d’émotions, ces souvenirs joyeux et ces leçons de la vie qui nous forment petit à petit.

Mon rêve Familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime

Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent

Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.

Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore

Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine