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Destin et libre arbitre, quel est le sens de notre vie ?

Nous nous demandons souvent si le Destin est déjà tout tracé : est ce que toutes nos actions sont décidées à l’avance, dès notre naissance. Avons-nous le choix, ce que l’on appellerait “libre arbitre” ? Dans le monde de la voyance, la question du Destin est évidemment importante puisque c’est quasiment sur elle que repose cette réalité. Est-ce que le voyant est celui qui voit l’avenir tracé par le Destin ? Le voyant est-il celui qui voit le Destin que vous êtes entrain d’écrier ? Pouvons-nous changer notre Destin ?

Aujourd’hui, nous allons explorer les différents courants de pensée liés à cette notion du Destin et au-delà : quel est le sens de notre vie ?

Un sens ? Une direction ?

Le Destin désigne à l’instant où l’on en parle, le futur de notre vie humaine. En fonction des conceptions il est souvent considéré comme immuable : c’est-à-dire qu’on ne peut pas le changer. Mais l’idée qu’on se fait du Destin change en fonction des croyances et religions, en fonction des pays, et surtout en fonction des époques.

L’idée de Destin apparait pendant l’Antiquité. Il est alors représenté sous la forme de plusieurs divinités. La première, la Fatalité, est une des seules forces qui est plus forte que tout : plus forte que les Dieux notamment. La fatalité est née de la Nuit et du Chaos. C’est une sorte d’énergie, qui explique tout ce qui est immuable, le temps qui passe, la mort qui arrive à la fin de la vie, etc. Le Dieu des Dieux.

Mais Fatalité dans les mythologies grecques et romaines n’est pas vraiment la divinité du Destin humain comme nous l’entendons aujourd’hui. Elle est plutôt la divinité de la généralité : la Terre, le monde… Pour les Hommes, ce sont les trois Moires (ou les Parques pour les romains) qui prennent ce rôle à cœur. Ce sont trois sœurs, elles aussi nées de la Nuit mais ayant pour père le Temps. Elles s’appellent Clotho (celle qui tisse le fil, la naissance de la vie), Lachésis (celle qui déroule le fil, les événements de la vie) et Atropos (celle qui tranche le fil de la vie à la mort humaine). Elles ont le rôle de décider du Destin de chaque Homme et de poursuivre les criminels en leur lançant des châtiments comme la mort ou la souffrance. Pour ce qui est de ce rôle de divinité vengeresse, elles ressemblent beaucoup à l’idée que notre société se fait aujourd’hui du karma.

Dans les religions monothéistes, l’idée de Destin est inacceptable : l’être humain est responsable de ses choix et doit en assumer les conséquences à sa mort. De même, le bouddhisme ne considère pas qu’il existe un Destin immuable : l’homme doit s’efforcer d’être bon et altruiste afin d’éviter une résurrection douloureuse et d’accéder au Nirvana. Mais dans cette religion et philosophie, l’idée de Karma est présente : tous nos actes ont un prix et décident de ce qui nous arrivera dans le futur de notre vie, ou dans une vie prochaine.

L’idée de la possibilité d’un Destin immuable refait surface lors de la Renaissance en France : les philosophes redécouvrent des textes mythologiques perdus et des manuscrits philosophiques antiques. L’idée de Destin revient et s’oppose alors à la religion chrétienne. Cette conception est alors souvent liée à l’ésotérisme et à la divination : les hommes et femmes cherchent à connaître leur avenir, ce qui est prédéfini dans leur vie future.

Pour le libre arbitre, c’est la philosophie qui posera les bases de ce concept : l’Homme est il libre de ses choix ou vit-il dans un artefact de vie, guidée et décidée par le Destin ?

Philosophons sur le Destin…

Plusieurs aspects philosophiques y sont liés, le Destin donne en fait un sens à notre vie. S’il n’existe pas, alors c’est notre libre arbitre qui règne et on peut se demander quelles sont les conséquences de nos choix. Si un Destin immuable existe, c’est que notre existence a un but certain, que nous ignorons, et alors nous partons du principe que le choix n’existe pas.

Alors quel est le sens de la vie ?

Dans un premier temps, réfléchissons ensemble à ce qu’implique l’existence du Destin et de la fatalité comme immuables et inéchangeables. A notre naissance, le fil de notre vie serait déjà tissé, soit par un Dieu, soit par la loi naturelle de l’univers. Nous naissons ignorants. Mais, étant donné que ce qui doit nous arriver est déjà écrit, nous pouvons prendre soit une position d’acceptation : ce qui doit arriver arrivera ou au contraire nous prenons conscience que chacun de nos choix créé des conséquences et que par résolution nous sommes les créateurs (tout du moins en majorité) de notre propre Destin.

C’est dans cette seconde hypothèse que la divination, sous toutes ses formes, prend tout son sens. Dans le cas contraire, la recherche de notre avenir ne sert à rien, car si le Destin ne peut pas être changé, peut importe nos efforts pour fuir le malheur et les échecs, nous y reviendrons toujours. Une vie déterminée par un Destin immuable, c’est donc une vie de souffrance ou d’ignorance. On ne peut qu’espérer quelque chose de meilleur après la vie pour peu qu’on ne croie pas en la réincarnation. Une vie déjà toute tissée est donc ennuyeuse et peu souhaitable.

Dans un second temps, que signifie alors une vie sans Destin, sans rien de décidé à l’avance ? Nous pouvons penser qu’une vie sans rien de décidé à l’avance nous laisse le choix de nos actions, de nos paroles : nous exerçons notre libre arbitre. Mais qui dit libre arbitre, dit aussi responsabilité. Le Destin permet d’effacer une partie de nos responsabilités car les erreurs seraient décidées à l’avance.

Pour résumer :

  • Soit nous devons considérer que rien ne compte vraiment, qu’on ne vit que pour expérimenter et tenter de trouver le bonheur absolu, peu importe ceux qui nous entourent. C’est une doctrine épicurienne, le bonheur passe d’abord, sans morale. 
  • Soit nous considérons que sans Destin prédéfini, nous sommes toujours sous le joug d’une force supérieure qui surveille et juge de nos choix (Dieu, Karma). Dans ce cas, notre libre arbitre doit nous permettre d’atteindre une perfection, ou un autre monde après la vie.

Ce que j’en pense

Certains pensent que nous naissons avec des missions à accomplir, que nous choisissons notre propre Destin avant notre naissance. Je ne pense pas que ce choix nous incombe, ni même qu’il incombe à quelqu’un, si ce n’est à la randomisation ou au hasard lui même. Notre Destin n’est pas ce qui sera, mais la sommes ce que nous avons fait. Et c’est toujours après coup que l’on apprécie la grandeur du Destin d’un Homme.

Personne ne serait assez fou pour choisir comme Destin de vivre entre la guerre et la famine.  Nous ne choisissons pas de vivre des épreuves, elles nous tombent dessus par hasard, ou parce que nous l’avons engendré hier ou avant hier. Mais la souffrance n’est pas définie avant même notre naissance, tout comme le bonheur. Une maman n’est pas Destinée à perdre son enfant alors qu’un enfant est logiquement voué à perdre ses parent, c’est la logique de la vie.

Je pense la notion de Destin à mi chemin des deux conceptions que j’ai cité ci-dessus. Je pense que nous ne regardons pas le problème depuis le bon observatoire. Et si notre Destin était d’être sur Terre, ni plus, ni moins ? Le reste nous appartient. La façon dont nous allons expérimenter cette vie, la mettre à notre service ainsi qu’au service des autres. Alors nous dessinons au fur et à mesure ce que nous vivons, par nos choix et nos actions : nous construisons notre Destinée. 

Le but de la vie n’est il pas seulement et simplement de vivre ces quelques année sur Terre, le mieux possible ? En profitant de chaque instant, de chaque émotion, de chaque rencontre ?

Beaucoup cherchent le sens de leur vie dans leur choix d’incarnation, dans l’explication de leur “chemin d’âme”. Mais sincèrement, n’est-ce pas au contraire passer à côté de l’expérience de la vie sur Terre ? Aujourd’hui je suis ici, demain je serai ailleurs.

“Aujourd’hui” dure en moyenne 72,04 ans, profitons-en.

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