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Mythes & Légendes,  Spiritualité

Et une nouvelle année !

De nombreux calendriers existent par-delà le monde, le calendrier grégorien (le nôtre), le calendrier chinois, le calendrier musulman, attique, et au moins une dizaine d’autres. Ce qui est universel à toutes ces ethnies différentes, c’est de fêter le premier jour de ce calendrier que l’on nomme en France le Nouvel an, ou le Jour de l’an. Bien évidemment les dates fêtant une nouvelle année changent en fonction des pays, mais la volonté et toujours la même : fêter la fin de quelque chose et le renouveau à venir. Nous allons explorer ensemble d’où vient la tradition chez nous de fêter le Nouvel An. Après cela, nous nous demanderons quels symboles et quelle spiritualité sont rattachés à cette célébration.

D’où vient la tradition ?

La fête du Nouvel An remonte à la Babylon Antique. Les prêtres de chaque cité fêtaient le Dieu protecteur de la ville le long d’une longue procession jusqu’à la capitale Babylone. Mais finalement, la célébration du Nouvel An comme premier jour du calendrier existait aussi chez les égyptiens et chez toutes les populations après eux.

En Égypte, la date du Nouvel an était très symbolique, c’était le premier jour du mois de la crue du Nil. L’eau du fleuve inondant toutes les cultures rendait cultivable la terre pour une année, l’eau était donc en Égypte un élément de régénération, de renouveau. Cette date était placée en mars, le mois des giboulées chez nous.

C’est pendant le règne de Jules César, pendant l’Empire Romain, que la date a été déplacée au 1er Janvier. Cette journée est dédiée au Dieu Janus, la divinité des portes et du commencement. Le mois de janvier en tire son nom, symboliquement, tourné vers le passé et se retournant vers l’avenir.

Si aujourd’hui le Nouvel An est toujours le 1er Janvier en France, il est bon de savoir que depuis Jules César, la date a souvent changé. C’est dû en partie à l’existence de nombreux calendriers différents qui changent en fonction des cultures et des religions qui se sont succédé en France. Mais c’est aussi lié aux calculs astronomiques changeant le calendrier d’un jour ou deux en fonction des années.

Le Nouvel An s’est donc parfois produit le 2 ou 3 janvier au moyen-âge, parfois il était célébré le 1er mars (à la mode italienne) ou même le jour de Noël, en même temps que la célébration de la naissance de Jésus. Pendant le règne des capétiens, la date du Nouvel An est fixée le jour de Pâques, et donc les années ne sont pas toutes de la même longueur. Le calendrier en France ne bouge plus à partir de 1582, quand le pape Grégoire XIII instaure le calendrier grégorien, celui avec lequel nous vivons aujourd’hui. Celà simplifie beaucoup la célébration des fêtes, notamment religieuses, mais surtout, le Nouvel An est désormais fixe : le 1er janvier.

Peu à peu, il est devenu habituel de fêter l’arrivée de la nouvelle année la veille : le soir de la Saint Sylvestre. C’est le lieu en France de se retrouver au cours d’un grand repas avec foie gras et champagne avant de s’embrasser à minuit et de se souhaiter les meilleurs vœux pour les temps à venir.

Tradition et spiritualité

La nouvelle année, plus qu’une fête, est un rite de passage. Elle possède donc des significations symboliques et des traditions spirituelles qui ont perduré jusqu’à aujourd’hui. Mais on peut se demander aujourd’hui si ces symboles ont toujours une importance spirituelle, surtout quand on ignore leur importance.

D’abord, si le Nouvel An se fête le soir de la veille ce n’est pas pour rien : cela permet de clore l’année, de regarder en arrière, voir ce qu’on a accompli pour en tirer des conclusions. Le soir du 31, non seulement on prend de bonnes résolutions pour l’année à venir, mais surtout on s’inspire de nos erreurs passées pour se promettre de ne pas les recommencer. C’est clore la porte ouverte de notre passé pour ouvrir celle de notre avenir. Spirituellement autant que psychologiquement, cette période de l’année est forte en émotion mais aussi en énergie.

Ensuite, bien sûr, fêter le nouvel an c’est se tourner vers le futur : c’est se porter chance, faire des vœux, s’ouvrir à de nouvelles possibilités. C’est le moment de déclarer sa flamme, de profiter d’une branche de gui pour déposer un baiser. Mais c’est aussi le moment de faire des projets d’avenir, de réfléchir à tout ce qu’on a accompli et au chemin qu’il nous reste à parcourir.

Finalement, fêter le Nouvel An, c’est se purifier des erreurs du passé pour avancer dans le futur. Et fêter le Nouvel An en famille ou entre amis, c’est un rite de purification. Que la célébration soit religieuse ou athée, le principal est de se réchauffer les cœurs et de se souhaiter le meilleur.

Les symboles du Nouvel An

Voyons maintenant ensemble quels sont les symboles du nouvel an et à quoi ils correspondent comme éléments de purification.

Bien sûr, quand on pense nouvel an, on pense champagne ! Et quelle boisson ! C’est un vin à bulle originaire de la région de Champagne au nord-est de la France. C’est grâce à un moine fabricant de vin, dom Pérignon qu’au 17ème nait le champagne que nous connaissons, il est aujourd’hui le symbole de la fête et des célébrations importantes. Le champagne est aussi le vin des baptêmes, il symbolise la naissance et le renouveau : c’est pourquoi il est souvent utilisé pour inaugurer les nouveaux bateaux. Au Nouvel An, il baptise la nouvelle année et nous promet du renouveau à venir.

On pense aussi aux fruits de mer, et particulièrement aux bonnes huitres qu’on nous sert crues ou panées : à toutes les sauces au moment des fêtes. Mais d’où vient cette habitude de manger des huitres au Nouvel An ou à Noël ? Par leur difficulté à être ouvertes, les huitres ont longtemps été le symbole du secret, de l’hermétisme. Mais quand leur importance érotique a été découverte, elles sont devenues un symbole d’amour et d’intimité. Manger des huitres est donc autant censé apporter chance financière que chance en amour pour la nouvelle année. Attention tout de même à ne pas trop en abuser ! Si la chance vous sourit vraiment, peut être trouverez-vous la perle rare.

Au Nouvel An, on voit aussi fleurir Cotillons et confettis. Ce qu’on appelait autrefois « confetti » étaient les dragées lancées à la foule en période de Carnaval, principalement en Italie. Puis les confettis devinrent des boulettes de plâtre et à partir du Carnaval de Paris de 1891, ils devinrent ces petits morceaux de papiers multicolores. Aux 19e et 20e siècles, ils étaient bien plus utilisés qu’aujourd’hui, les confettis étaient achetés par kilo par les spectateurs du Carnaval mais aussi par les spectateurs d’Opéra. Aujourd’hui, quand vient le moment de sonner les douze coups de minuits et de passer d’une année à l’autre, il arrive en fonction des familles que cotillons, confettis et serpentins pleuvent dans la maison. Ils symbolisent la fête, la joie, mais aussi une pluie qui efface le passé, pour que nous soyons prêts à peindre notre avenir.

Le Gui est aussi un symbole fort de la Nouvelle année : Symbole du baiser amoureux. La branche de gui en germe est accrochée sous le porche ou dans l’entrée de la maison au plafond, invitant les passagers qui se croisent en dessous à s’embrasser ou à s’étreindre. La tradition du baiser sous le gui est une des plus vieilles traditions gardées de l’Antiquité. Déjà pendant les fêtes des Saturnales, les romains en accrochaient au-dessus des lits des futurs mariés. Le gui était le symbole de bonne fortune dans le mariage. Au Moyen-âge, le gui en forte abondance était symbole de prospérité au moment de la fin décembre, on en offrait donc en souhaitant à son destinataire une bonne année à venir. Plante aimée des druides pour ses nombreuses valeurs thérapeutiques, et en même temps plante toxique pour l’homme en trop grande quantité, le gui est à l’image de la fortune et du destin. C’est une plante à deux facettes, l’une porteuse de chance, l’autre porteuse de toxicité. Pendant le Nouvel An, elle symbolise cette chance qui est de nouveau donnée à chacun de réussir l’année qui vient.

Finalement, la tradition la plus purificatrice est surement celle du premier bain de l’année. En règle générale, le bain purifiant est une tradition qui se retrouve dans tous les rites de passage. Les rites de passage entre enfance et adolescence, avant le mariage, le dernier jour de l’année ou le premier de celle à venir. Dans beaucoup de familles, notamment religieuses, on retrouve cette tradition issue du Moyen-âge. S’il y a des siècles le bain était quelque chose de peu commun, aujourd’hui, nous avons un accès facile à l’eau en France. Le bain devient alors une action dé-stressante qui permet à chacun de se retrouver, notamment au milieu des fêtes où nous côtoyons tous les jours les autres membres de notre famille. Si le bain du Nouvel An est une tradition qui tend à disparaitre, je peux vous le conseiller, au moins pour vous, afin de bénéficier d’un doux moment de tranquillité : le moment peut être de faire le bilan sur l’année passée, et de faire un vœu pour l’année à venir ?

Je vous souhaite tous mes meilleurs vœux pour l’année 2019, qu’elle vous doit douce et plein de bonheur,