Mythes & Légendes

Halloween, mais que fête t-on vraiment ?

Halloween arrive ! Nous voilà la veille de la Toussaint et de partout sortent des citrouilles et des déguisements tantôt hilarants tantôt effrayants. Au milieu de la chute effrénée des feuilles aux couleurs de l’automne, on se réjouit de fêter avec ses enfants la fête des bonbons et de la peur. Puis arrive bien vite le 1er Novembre et l’on se rend sur les tombes de ces êtres qui nous restent chers, même s’ils sont aujourd’hui loin de nous. Mais la question qui se pose aussi chaque année à l’approche de la fin octobre, c’est d’où vient la fête d’Halloween ?

D’où vient la fête d’Halloween ?

Halloween, est une fête qui à l’origine était celtique. Il y a plus de 2 500 ans les anglo-celtes fêtaient la Samain au début de l’automne. Pour eux, c’était comme une sorte de Nouvel An, et donc le passage du passé vers l’avenir. Plus que cela, la Samain représentait surtout pour les celtes l’ouverture de la frontière entre le monde des morts et le monde des vivants : les esprits débarquaient dans notre monde et venaient rendre visite et perturber les vivants. Surtout fêtée en Irlande et en Ecosse, la Samain a dû faire place à la Toussaint introduite par l’Église catholique au VIIIe siècle. La date s’est donc déplacée vers le 1er Novembre.

Le nom d’Halloween, comme symbolisant la veille de la fête chrétienne de la Toussaint, est une contraction de l’anglais All Hallows-Even qui signifie the eve of All Hallows’ Day en anglais plus récent. On peut le traduire par : « la veille de tous les saints » ou « la veillée de la Toussaint ». Son nom est donc d’origine chrétienne et anglaise. Halloween est aussi connue par son nom celte : Oíche Shamhna en gaélique. C’est une fête très populaire en Irlande, en Écosse et au Pays de Galles où l’on trouve de nombreux témoignages historiques de son existence. En Bretagne, il existe aussi des coutumes qui sous d’autres noms, regroupe de nombreux symboles d’Halloween.

Mais en France, nous avons principalement hérité cette tradition des États-Unis. Nous partageons, encore aujourd’hui, la coutume la plus fréquente qui veut que les enfants se déguisent et aillent frapper à la porte de leur voisinage pour demander des friandises. La formule « des bonbons ou un sort » vient d’ailleurs d’outre-Atlantique « Trick or Treat ! ». Alors attention encore cette année à tous les petits lutins, vampires et autres fantômes qui viendront sonner chez vous !

Vous savez maintenant d’où vient la fête d’halloween, mais la question qui reste encore en suspens, c’est qu’elle est l’histoire de cette tradition ?

Histoire d’Halloween

Parlons d’abord de l’histoire de la fête de Samain et de l’origine de cette date liée à l’automne et à la fête des morts. Il y a 2 500 ans, au début de l’automne, la Samain était fêtée sous la direction de druides celtes. La fête commençait trois jours avant l’automne et donc trois jours avant la nouvelle année, en mettant à l’honneur la fin de toute chose : fin de l’année, des récoltes estivales, mais aussi de la vie. Trois jours après le 1er jour de l’automne la fête continuait fêtant le renouveau, le nouvel an, et la vie. Le jour et la nuit de Samain (premier jour de l’automne), au milieu de ces 6 jours de fête, n’était ni considérés comme de l’année passée, ni de la nouvelle année. Cette journée, considérée comme « hors-temps » était aussi le symbole d’une ouverture entre le monde des vivants et le monde des morts qui se confondaient alors. Ces fêtes druidiques sont pleines de significations mystiques qu’on peut encore retrouver aujourd’hui dans Halloween. Elles ont commencé à être remplacée en Irlande et dans les pays alentours dès la fin du Vème siècle.

La fête de la Toussaint, qui a pris leur place, est à l’origine une fête en commémoration à tous les martyrs catholiques. Elle est créée à Rome en 613. Si au départ elle a lieu le 13 mai ; au IXème siècle, le pape Grégoire IV décide de déplacer la Toussaint au 1er Novembre et de fêter tous les Saints. C’est sûrement pour finir de christianiser la Samain que cette date a été choisie. Dans certains pays, comme l’Irlande, qui se trouve hors de l’Empire carolingien, il reste pendant longtemps une souplesse de la datation que l’on peut ressentir à la lecture de textes médiévaux. Quand pour la plupart des pays d’Europe c’est le 1er Novembre et l’office des morts qui sont restés dans les mœurs jusqu’au XXème siècle, en Irlande, ce sont les coutumes liées à la fête de Samain qui avaient plus d’importance.

En 1845, l’Irlande est secouée par une Grande Famine, et plus de 2 millions d’irlandais s’installent aux États-Unis pour fuir la pauvreté. En migrant, ils apportent avec eux leurs pratiques et leurs traditions, y compris leur façon de fêter la veille de la Toussaint. C’est sur le continent américain que sont créées les premières Jack-o’-lantern, les lanternes à tête de citrouille. En France, Halloween est fêtée jusqu’à la fin du XXème siècle principalement par des familles anglo-saxonnes. Ce n’est qu’à partir des années 90’ que la fête est commercialisée et diffusée à grande échelle. La tradition d’Halloween est véhiculée en France grâce à la mondialisation, et peu de familles connaissent vraiment l’Histoire d’Halloween.

Symboles d’Halloween

Halloween, en France, ce sont surtout des coutumes et des symboles liés au monde des morts, et à la Toussaint. Mais quels sont tous ces symboles d’Halloween et d’où viennent-ils ?

La Citrouille

Parlons d’abord du plus important d’entre eux : la Jack o’ Lantern, la tête de citrouille. Jack, c’est probablement le personnage le plus populaire, le plus connu et le plus représenté concernant Halloween. Au départ, notre belle citrouille creusée avec les enfants vient d’une légende irlandaise. Jack est un personnage paresseux, ivrogne, avare et égoïste. Alors qu’il était, comme chaque soir assis dans une taverne, il rencontre le diable qui vient lui réclamer son âme. Jack n’accepte de suivre le démon que si celui-ci lui offre un dernier verre. Le Diable accepte, il se transforme en pièce et Jack, au lieu d’acheter à boire, l’enferme dans une bourse dont la serrure est en forme de croix. Le Diable supplie Jack de le libérer, et ce dernier accepte en échange de dix années de vie supplémentaires.

Dix ans plus tard, le Diable vient réclamer son dû et demande à Jack de l’accompagner jusqu’en Enfer. Jack refuse à nouveau et après un autre tour, il abandonne le diable en haut d’un arbre dans lequel il a dessiné une nouvelle croix. Pour être libéré, le diable promet à Jack de ne plus jamais venir lui demander son âme. Mais lorsque vient l’heure pour Jack de mourir, l’entrée du Paradis lui est refusée, et le Diable lui refuse celle des enfers. Jack ne réussit qu’à obtenir du Diable un morceau de charbon incandescent afin d’éclairer son chemin dans le noir de la mort. Il place le charbon dans un navet creusé en guise de lanterne et erre à jamais sans but jusqu’à la fin des temps. On dit qu’il réapparait chaque année dans le monde des vivants, le jour de sa mort, le jour d’Halloween, sous le nom de « Jack à la lanterne » ou Jack o’ Lantern.

Avant de devenir une citrouille, les enfants creusaient un navet, dans lequel ils plaçaient une bougie pour se rappeler de cette légende. La citrouille, plus large et plus facile à sculpter est de plus en plus utilisée aux États-Unis et c’est de là que ce symbole est diffusé. La citrouille ou le navet creusés représentent ce passage, cet entre-deux entre le monde des morts et celui des vivants.

Le déguisement et les bonbons

La tradition de se déguiser à Halloween vient très probablement aussi de la fête de Samain. Les druides celtes qui officiaient les cérémonies prétendaient qu’il fallait, pour y assister, porter des têtes et des peaux d’animaux afin de récupérer leur force et de résister aux esprits. Plus globalement les masques, surtout quand ils représentent quelque chose d’effrayant, sont traditionnellement utilisés pour se protéger des mauvais esprits ou pour recréer une barrière matérielle entre notre monde et le leur. Le déguisement comme symbole d’Halloween est donc surtout une protection.

Les bonbons ont plusieurs origines. En Irlande, une légende racontait qu’un homme passait dans les fermes avec un chariot afin de demander une contribution pour protéger les fermiers contre les démons et les esprits. En fonction des pays, les pommes et les noisettes confites étaient souvent des friandises recherchées pour le soir d’Halloween. Elles sont considérées comme des porte-bonheurs mais aussi comme des aliments véhiculant des messages divinatoires. On peut croire que ces pommes et noisettes confites ont été remplacées au fil du temps par des friandises commerciales. Ce sont elles aussi des protections contre les mauvais esprits.

Sorcières, chauve-souris et autres hiboux

Restent à côté de cela une multitude de symboles, reliés à la peur et à l’obscurité. Parmi eux on peut dénombrer : le vampire, la sorcière et son balais, la chauve-souris, le hibou, les chats noirs, etc. Chacun a un sens particulier qui peut être expliqué et relié aux fêtes de Samain celtiques.

La sorcière tout d’abord, est sûrement l’incarnation des druides à l’origine de la Samain. Mais elle a aussi pu être incorporée plus tard à la tradition d’Halloween. Les médiums et voyants étaient considérés comme des sorciers, du moyen-âge au XIXème siècle. Halloween étant une fête de l’ouverture sur le monde des défunts, il est plus que probable que l’image effrayante de la sorcière ait été introduite par l’Église pour tenter de dissuader le peuple d’approcher ces médiums considérés comme « impies » par la religion. Les sorcières représentent donc autant la divination, la tradition que l’effroi et la peur.

Le vampire, lui, est aussi lié à la fête des morts. Le vampire peut être considéré comme un mort-vivant. A l’image de Jack, il ère entre deux mondes, et c’est à Halloween, quand toutes les frontières sont ouvertes, qu’il est le plus facilement visible. L’autre explication est liée au symbole de la chauve-souris. Pendant les fêtes de la Samain mais aussi pendants celles, revisitées de la Toussaint, il était récurrent d’allumer de grands feux de joie pendant les cérémonies. Le feu attirant les moustiques et autres insectes, il a pu aussi attirer beaucoup de chauve-souris qui s’en régalent. On peut penser que la présence de chauve-souris pendant ces fêtes a alimenté les croyances en la présence de vampires à Halloween. De même, les hiboux sont aussi attirés par les moustiques, ce qui peut expliquer leur présence dans les symboles de la veillée de Toussaint. Les vampires, chauve-souris et hiboux représentent le monde de la nuit, l’obscurité et la froideur de la mort.

Reste le chat noir, associé depuis longtemps au mauvais présage. En partie parce que le chat est l’animal qui était pendant le moyen-âge très utilisé comme support divinatoire ; et en partie car c’est un animal qui bien qu’utile à la société (il mange les souris) est difficilement domesticables. Le chat noir est donc symbole de mauvais-présage, mais aussi d’hérésie religieuse, et encore une fois de peur et d’obscurité.

Il existe encore de nombreux autres symboles d’Halloween connus ou oubliés dont nous pourrions parler. Mais les principaux sont déjà expliqués. La fête d’Halloween, plus qu’une tradition commercialisée, est donc bien une coutume forte de symboles. En France, en dehors de la Bretagne celte, de nombreuses autres régions fêtaient une fête des morts avec des symboles semblables à ceux d’Halloween et de la Toussaint. Ce besoin de rencontre avec les disparus de notre vie, la présence d’une ouverture entre deux mondes est donc un phénomène universel.

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