La journaliste et le voyant …

En 2013, le magasine féminin « Elle.fr » m’a demandé de participer aux tests qu’ils organisaient pour sélectionner des voyants à recommander.

Une fois le contact pris avec la journaliste, nous décidions de nous rejoindre dans leurs bureaux à Paris.

J’étais stressé, tendu. Inutile de préciser que lorsque nous sommes testés, les choses ne se passent pas souvent comme nous le souhaiterions. La clairvoyance ne fonctionnant pas sur commande, je me demandais si j’allais être capable de voir quelque chose. Je ne me posais même pas la question de savoir si j’allais être capable de « prédire », mais tout du moins de voir juste dans le présent.

Je suis arrivé dans les bureaux, où je fus très bien reçu. Natacha, jeune femme au look « working girl » arborait un tee-shirt long et ample, couvrant un legging noir.
Malgré un accueil chaleureux, la journaliste ne laissait rien paraître. Elle se définissait comme « septique » mais pas fermée : elle ne demandait qu’à constater et se prêtait volontiers à l’exercice du test. Elle avait lu beaucoup de choses à mon sujet, surtout avait-elle gardé en mémoire mes prédictions sur l’élection de François Hollande.

Pas une question, pas un mot. Elle ne voulait pas parler. Ce n’était pas plus mal. Pendant quinze minutes elle me laissa parler de sa vie professionnelle, sans aucune retenue.
Puis, sans explication aucune, je me suis effondré. L’angoisse sans doute.
Je lui expliquais alors que je n’étais pas dans de bonnes conditions et que je ne pouvais que m’en vouloir : c’était entièrement ma faute, je m’étais auto-conditionné. Je lui expliquais que ma pratique était sensible et que j’avais besoin d’être « bien » pour pouvoir donner le meilleur de moi-même. Bêtement, je l’ai prié de ne pas me prendre pour une « Diva capricieuse » de la voyance. Mon malaise était vraiment fondé et sincère.

Elle ne dit rien. Pas un sourcil ne bougea. Elle me raccompagna gentiment à l’entrée et me proposa de la rappeler pour terminer notre entretien lorsque je serai prêt.

J’étais honteux et confus.

J’allais écoper d’un mauvais papier. Etre testé est une chose, lire le résultat du test en est une autre ! Un test sert à prouver vos capacités. Tout du moins leur réelle maitrise. Là, je n’avais rien prouvé. Elle ne m’avait rien dit, j’étais sans doute complètement à côté de la plaque. Mais ce n’était pas grave, je ressentais au moins la fierté d’avoir relevé le défi.

Deux semaines plus tard, j’ai pris mon courage à deux mains et je composais le numéro de la journaliste. A ma grande surprise, elle était toujours disposée à poursuivre notre test et me donna une date.

Cette fois ci le test se déroula par téléphone.

Comme lors du premier entretien, elle ne parla pas, ne posa aucune question.
Peut importe. Je voyais beaucoup de choses. Sa famille, sa vie et encore une fois son travail. Tout était fluide, avec des détails que je trouvais intéressant.

A la fin de l’entretien, la journaliste se risqua même à me questionner, signe de son intérêt. Elle désirait connaître le futur d’un de ses amis. Je lui décrivis alors un homme habitant en Asie, qui avait créé un business florissant et qui trouverait l’amour dans cette partie du monde. Bref, là-bas était sa vie.

La journaliste éclata de rire. Elle m’avoua que trois semaines plus tard son ami partait s’installer en Chine pour créer son entreprise.

Elle était impressionnée. Elle me confia avoir été « soufflée » lors de notre premier entretien. Elle me dit aussi avoir été très embêté lorsque j’arrêtai le test la première fois. Tout ce que je lui avais dit faisait partie intégrante de son présent et ses envies futures. Il n’y avait pas une seule faute, une seule erreure.

Je lui demandais alors pourquoi elle était restée si froide, si neutre. Elle me répondit qu’elle ne voulait pas biaiser le test et qu’il était important pour elle de tirer le meilleur de notre personnalité.
Trois mois plus tard, j’obtenu un excellent papier sur ma prestation, peut-être le meilleur de ma carrière.

J’étais content d’avoir réussi à démontrer que les capacités de clairvoyance existent belle et bien. Aujourd’hui je pense que cette consultation fut sans doute une des meilleures que j’ai réalisées.

Natacha avait stimulé mon inconscient et l’avait poussé dans ses retranchements. Depuis ce jour là, j’ai décidé de consacrer ma carrière à la crédibilisation de la profession.

La clairvoyance existe, c’est un fait, c’est une réalité.

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