Mythes & Légendes

Le complot incroyable des sociétés secrètes

Notre société d’aujourd’hui s’inquiète. Avec l’arrivée des nouvelles technologies, nous avons l’impression d’être toujours espionnés, épiés. Nos politiques profitent-ils de notre crédulité à leur profit ? Se fait-on se l’argent sur notre dos ? Et si depuis toujours ceux qui nous gouvernent étaient des marionnettistes décidant du moindre de nos mouvements ? Tant d’inquiétude, de questionnements. Nous entendons autour de nous parler de complots mondiaux, d’Illuminati, de francs-maçons. Mais savons-nous vraiment qu’elles sont ces théories ? Aujourd’hui nous allons mettre au clair ces croyances et légendes. Et nous allons nous demander s’il est réellement possible que des sociétés secrètes nous gouvernent. 

 

Qu’est-ce qu’une théorie du complot ? 

Théorie du complot et médias 

Les théories du complot, aussi appelée “conspirationnisme” ou “complotisme”, avancent que le monde serait dirigé par une ou des communautés secrètes. L’histoire, la politique, les médias nous donneraient une illusion, une vérité construite sur notre monde. Mais il ne s’agit pas seulement de légendes. Chaque théorie du complot est un récit qui se prétend être cohérent. Il explique et tente de prouver qu’un petit groupe de personnes se coordonnent en secret pour planifier le cours des évènements historiques. Cela de manière néfaste au reste de l’humanité ou de façon illégale. Le mobile qui amènerait ces sociétés à œuvrer dans le secret le plus absolu serait soit d’ordre politique, économique ou religieux. Mais il serait forcément lié à la volonté de ces hommes de conserver une forme de pouvoir.  

Le problème des théories du complot, c’est qu’elles amènent généralement ceux qui y croient à une paranoïa qui peut être dangereuse pour eux ou leur entourage. C’est principalement parce que toute “preuve” qui montrerait qu’il n’existe pas de société secrète serait considéré comme une tentative de tromper le complotiste. Les explications scientifiques et officielles étant considérées comme établies par les dirigeants publics, eux-mêmes contrôlés par les membres des sociétés secrètes. S’il faut parfois se méfier de ce que nous racontent les médias, cela ne veut pas dire qu’il ne faut croire en rien et toujours douter de tout. Pour être sûr de ne pas être dupé, je vous conseille de toujours diversifier vos sources, comparer les informations de plusieurs médias et sites internet. Il faut se faire son propre avis. 

L’origine des théories du complot 

À l’origine, les historiens considèrent que la première théorie du complot daterait du 18e siècle. Après la Révolution française, Frédéric Charpier écrivit Mémoire pour servir à l’histoire du Jacobinisme. Il dénonce l’idée que la Révolution ne serait pas due à un soulèvement du peuple mais plutôt à une conspiration antichrétienne. Après la publication de son ouvrage, les théories se multiplient. La Révolution est perçue comme un coup d’Etat planifié par les plus grands opposants à la mise en place d’une République. Au fil des siècles, différentes sociétés secrètes sont dénoncées comme étant des groupuscules manipulant les intellectuels et politiciens des plus grandes puissances mondiales. Parmi les plus anciens nous pouvons penser aux Jésuites, mais les plus connus restent les Francs-maçons et les Illuminati. Nous allons voir ensemble qui ils sont, et si nous devons avoir peur d’eux aujourd’hui. 

 

Les Illuminati, qui sont-ils, que nous veulent-ils ? 

Les Illuminés de Bavière sont aujourd’hui plus connus sous le nom d’Illuminati. C’est une société secrète originaire d’Allemagne et apparue au 18e siècle. Ils se présentaient comme des philosophes de l’Aufklärung, connue en France comme Société des Lumières. Ce qu’on en sait, c’est qu’elle a existé officiellement de 1776 à 1785, soit seulement 9 ans avant d’être interdite par le gouvernement bavarois.  

C’est après cette interdiction que de nombreuses théories du complot affirment que la société continue à exister. Ce qu’on lui impute principalement est de vouloir remplacer toutes les religions du monde par l’humanisme. C’est une philosophie qui place l’homme au-dessus de toutes les autres valeurs et espèces. Elle déstabilise l’image d’un Dieu supérieur à l’homme. La réputation obscure et conspirationniste des Illuminati est en fait créée au 18e par de fervents croyants refusant d’accepter le déclin du christianisme en Europe. On craint que les monarchies soient remplacées par des Républiques, ou pire selon eux : par un gouvernement mondial unique et laïque. Tout au long du 18e siècle, ce sont donc principalement des prêtres ou d’autres institutions ecclésiastiques qui fomentent des théories sur un soi-disant complot des Illuminati. Ce sont aussi eux qui font interdire les réunions de ses membres ainsi que leurs publications. 

Une société plus lumineuse qu’obscure ?

Finalement, cette société aurait été principalement constituée de penseurs et philosophes rationnels et progressistes à leur époque. Leur fondateur, Adam Weishaupt, avait eu l’idée de créer un Ordre où le savoir et les connaissances partagées auraient été transmises aux membres élevés de la communauté. Société pyramidale, chacun possédait la possibilité de s’élever dans cet Ordre afin de devenir à son tour formateur des plus jeunes membres. Les Illuminati s’opposaient à l’ordre des Jésuites, très présent en Allemagne. Très conservateur, cet ordre formait les futures élites politiques et intellectuelles de l’Etat. Le but étant de conserver à la tête de l’Etat, des penseurs chrétiens et dont les aînés pourraient disposer afin de contrôler le devenir du pays Allemand. Alors qui de l’Ordre des Illuminati ou des Jésuites auraient été à même de contrôler le monde d’aujourd’hui ? 

 

Qui sont les francs-maçons  

Autant les Jésuites que les Illuminati étaient en fait ce qu’on appelle des sociétés “paramaçonnique”. C’est-à-dire qu’elles imitaient (ou imitent encore) le fonctionnement des francs-maçons. Mais vous allez me demander qui sont ces francs-maçons ? Et bien c’est en fait un ensemble de sociétés plus ou moins secrètes fonctionnant toutes sur le même principe : prodiguer un enseignement ésotérique progressif à l’aide de rituels et d’un fonctionnement de pensée qui doivent faire progresser l’humanité. Un peu comme la philosophie des Illuminati, les différentes sociétés franc-maçonniques doivent œuvrer de manière universelle pour modeler le monde selon la volonté de leurs dirigeants. 

Les francs-maçons ont toujours plusieurs pratiques en commun :  

  • Ils recrutent leurs membres par cooptation : ce sont les membres qui décident de qui entre dans leur Ordre et de qui reste dans le secret. 
  • Ils s’organisent de façon pyramidale : chaque membre est dirigé par plusieurs échelles de membres qui lui sont supérieurs. La seule façon de monter ces échelons est de prendre la place de l’un des membres qui lui est supérieur. Mais s’il se les met à dos, il risque d’autant plus de perdre son grade. 
  • Plusieurs symboles et rituels font partie du mode de vie de la communauté. Celle-ci a même parfois sa propre langue. Les plus connus sont le compas et l’équerre : deux symboles de la connaissance. 

On distingue régulièrement diverses formes de maçonnerie. La franc-maçonnerie ésotérique doit amener ses membres à passer des ténèbres à une lumière intérieure. Mais il existe aussi des franc-maçonneries chrétienne, ancienne, moderne, agnostique, etc. Ce qu’il faut en retenir, c’est que le mot franc-maçon, aujourd’hui, relève plus d’une mode, d’un mythe. Si certaines de ces sociétés existent, elles ont souvent d’autres noms et restent dans le secret. La terminologie “franc-maçon” est le moyen de toutes les réunir autour d’un principe commun : régner en secret sur le monde afin de faire progresser l’humanité dans l’ombre. 

 

Un complot à l’échelle de la planète est-il réellement réalisable ? 

Mais se pose la question, aujourd’hui, dans notre monde numérique et technique, de la possibilité d’un complot mondial. Certes, nous nous sentons surveillés, épiés. Mais sommes-nous vraiment ou protégés, ou manipulés à grande échelle. Nos gouvernements suivent-ils encore aujourd’hui une logique humaniste et progressiste ? 

Le doute est bon et il est normal de se poser des questions. Il est bon aussi d’y répondre avec une certaine logique. Il est fortement improbable aujourd’hui que nous soyons manipulés par une communauté secrète. Le premier argument, c’est que les plus grands gouvernements mondiaux, s’ils affichent une apparente complicité, sont en fait en affrontement constant. La nature de l’Homme lui fait toujours privilégier son propre intérêt. Pouvoir, argent, territoire : nos gouvernants politiques, financiers et religieux s’affrontent sans arrêt pour leur propre compte. Il serait donc improbable qu’ils se laissent manipuler pour le bien de l’humanité toute entière. Le rêve d’un gouvernement unique et mondial des Illuminati est encore aujourd’hui plus qu’improbable. 

De même, en France nous avons l’impression de vivre dans une paix durable. Mais il ne faut pas oublier tous les conflits mondiaux, terroristes et religieux qui existent encore. Si certains médias ne sont pas objectifs, pour des raisons de monétisation ou d’idéaux, nous avons aujourd’hui la possibilité de multiplier nos sources. Nous nous rendrons compte qu’une multitude de façons de penser existent. Bien loin de l’humanisme rationnel préférant une pensée unique et initiatique comme celle régnant sur les ordres franc-maçonniques. Un complot d’ordre mondial ne serait pas vraiment réalisable aujourd’hui. 

 

Devons-nous y croire ?

Alors oui, aujourd’hui nous vivons dans un monde où tout va très vite. Notre vie peut être épiée, par le gouvernement, les forces de l’ordre ou même par n’importe quel inconnu. La faute aux avancées du monde numérique sans doute, plus qu’à une antique société secrète. Si le doute persiste chez vous, rien ne vous empêche de vous renseigner, d’enquêter. Mais toujours en doutant de tout : tant des théories du complot que de ceux qui vous affirment qu’aucune société secrète n’existe. Arrêtons de nous prendre la tête. Il vaut peut-être mieux laisser ces questions derrière nous et profiter de la vie. Tout en protégeant du mieux que nous pouvons notre vie privée, et celle de nos enfants.