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Le spiritisme

Quand nous entendons parler des esprits, cela peut soit rassurer, soit effrayer. La perspective d’un contact avec un proche parti de l'autre côté du voile est toujours réjouissante. Mais pour beaucoup elle peut être effrayante car depuis notre plus jeune âge, nous entendons des histoires sur l’influence des esprits dans notre monde, notamment à travers les expériences de spiritisme. Hollywood a fini par s'en mêler et à rajouter beaucoup de sensationnel. Mais aujourd’hui nous allons remettre les compteurs à zéro. Je vais vous expliquer ce qu’est exactement le spiritisme et démystifier nos superstitions liées à ce domaine médiumnique.

Le spiritisme, qu’est-ce que c’est, d’où ça vient ?

L’origine du spiritisme : l’aventure des sœurs Fox

La manifestation d’un esprit dans le monde des vivants a fait l’objet de nombreux récits. Parfois légendes, certaines technique souffrent aujourd'hui de beaucoup de superstitions. C’est à partir du 19ème siècle que l’Homme a commencé à mettre des mots sur ces phénomènes qui l’inquiétaient. Pendant ce siècle d’invention, la famille Fox, en Amérique a été une des premières à expérimenter un contact compréhensible entre un défunt et des vivants.

En 1847, La famille Fox vint habiter dans une ferme d’un petit village appelé Hydesville. Dans cette même ferme, quelques mois auparavant, des coups avaient été entendus dans les murs, mais personne n’en avait trouvé la source. M. Fox était pasteur, et était père de 6 enfants, mais seuls deux d’entre eux étaient venues emménager avec les parents Fox : Margaret, 14 ans et Kate 11 ans. Quelques mois après leur emménagement, les coups reprirent, d’abord au milieu de la nuit puis de jour. Les deux jeunes filles établissent un contact à travers une conversation composée par coups frappés avec un esprit qui s’appellerait Mr. Splitfoot (Monsieur Pied Fourchu en Français). Cette première conversation rapportée entre un défunt et des vivants est une révolution spirituelle au 19ème siècle. Ce témoignage est considéré comme une preuve de la survivance de l’âme après la mort, et plus encore. L’âme du défunt semble dès lors pouvoir donner des signes compréhensibles afin de communiquer.

Après cette expérience des sœurs Fox, le 19ème siècle est parcouru de nouvelles expérimentations médiumniques ayant pour but de rentrer en communication avec des esprits. Différents moyens de communication sont inventés : « Raps » (contact par coups frappés), tables tournantes, etc. Je vous en reparlerais plus précisément par la suite. Quoiqu’il en soit, ces phénomènes qu’on appelle alors « prestidigitation moderne », « phénomènes magnétiques » ou alors « spiritualisme américain » prennent dès lors un nouvel élan.

Allan Kardec et l’écriture du Livre des esprits

Ce nouvel élan trouva vite sa place à Paris. Dans tous les salons, on appelle à des manifestations avec l’aide de tables tournantes ou d’autres expériences de spiritualisme. Allan Kardec, de son vrai nom Léon Hyppolyte Dénizard Rivail, étudie au départ le magnétisme animal, l’hypnotisme et le somnambulisme. Il découvre en 1855 le phénomène des tables tournantes. Lorsqu’il se rend compte de l’importance du phénomène, il décide d’enquêter et de mener ses propres expériences et investigations. Il assiste à plusieurs réunions et, lui qui était au départ sur la réserve, finit par être convaincu de la possibilité d’un contact avec les esprits. Des proches lui remettent alors une cinquantaine de cahiers de communications diverses reçues depuis cinq ans sur ces expérimentations. On lui demande de les synthétiser en un livre : le Livre des Esprits. Dans cet ouvrage, Allan Kardec met un nom sur la doctrine française spirite qu’il nomme spiritisme. Ce nom sera ensuite élargi à toute pratique de communication matérielle avec l’âme d’un défunt ou avec un esprit. Mais en plus de cela, Allan est l’homme qui propose des codes de communications, faisant entrer le spiritisme dans le domaine de la philosophie et de la parapsychologie.

Les spirites, ou spirit sont donc depuis lors et aujourd’hui encore les adeptes de cette doctrine du spiritisme. Le Livre des esprits est publié en 1857 et continuellement réédité et utilisé jusqu’à nos jours. Il contient cinq livres : Le Livre des médiums, le Ciel et l'enfer, la genèse, l'évangile selon le spiritisme. Allan Kardec créera aussi une revue : la Revue Spirite.

Aujourd’hui, nous considérons donc que le spiritisme est la réalisation d’une communication avec l’au-delà. Nous avons tous cette possibilité, ce n’est pas une pratique réservée à quelques privilégiés. D’ailleurs vous devriez savoir qu’avant nous, de nombreuses personnalités se sont essayée au spiritisme, comme Victor Hugo par exemple. Différentes façons d’entrer en contact existent comme l'écriture automatique, la planche de Ouija, la technique du verre, les tables tournantes. Quand on entend parler de spiritisme, il faut donc laisser derrière soi ses appréhensions liées à des superstitions. La pratique du spiritisme n’est pas dangereuse pour le praticien, elle a déjà une longue tradition d’expériences et d’expérimentations derrière elle. Ce que je peux par contre vous conseiller si vous souhaitez vous y essayer, c’est d’être dans de bonnes dispositions mentales. En effet, le spiritisme n’est qu’un contact, une conversation : cela implique que l’esprit, qui qu’il soit, ne peut pas vous faire de mal. Mais ce travail d’ouverture à des énergies différentes de la nôtre est fatigante psychologiquement. Je vous propose donc, dans la suite de cet article, une explication de différentes manières d’entrer en contact avec un esprit.

La pratique du spiritisme aujourd’hui : la Planche ouija

Le oui-ja est le nom de l’instrument. Composé d’un petit triangle en bois parfois orné de sphères ou loupes de cristal. On le guide, ou on le regarde glisser sur une planche sur laquelle sont inscrites des lettres, des chiffres, les mots « oui », « non » et « au revoir ». La planche doit permettre de constituer des mots, des phrases ou même simplement des initiales permettant d’établir une communication. Parfois le triangle pointe la lettre ou le mot voulu, sinon c’est le cristal qui l’indique. Le petit triangle de bois est aussi parfois remplacé par un verre retourné.

La pratique du spiritisme par l’utilisation d’une planche ouija peut se faire seul ou à plusieurs. Dans ce dernier cas, tous les participants posent un doigt sur le triangle ou le verre. Cet outil de communication a été inventé aux Etats-Unis par Charles Kennard et Elijah Bond.  Il est relativement récent car les premiers exemplaires sont apparus au début du 20ème siècle. Son nom est une contraction du « oui » français et du « ja » allemand qui signifient la même chose. C’est peut-être en référence à la réponse attendue à la question « esprit es-tu là ? » traditionnellement posée en début de séance de spiritisme.

Cet outil récent est en fait issu d’une compilation d’autres traditions divinatoires et médiumniques. Parmi elles, je peux vous parler des planches fuji, issues de la tradition chinoise, utilisées du 14ème eu 17ème siècle. Ces planches étaient remplies de cendre ou de sable et deux personnes tenaient un stylet en demandant aux esprits de tracer des signes à interpréter. C’est surtout à partir su 19ème siècle aux États-Unis et en France que de nombreux outils ont été inventés. Plusieurs d’entre eux désignaient déjà des chiffres et des lettres.  Je peux vous citer le psychographe créé par Hudson Tuttle en 1880 ou y ressemblant aussi, le cablegraphe de George Foster Pearson en 1900. Ces instruments ont fortement inspiré la création de la planche ouija.

L’utilisation de la planche ouija est bien plus répandue que ce qu’on pourrait croire. De nombreux écrivains l’utilisaient dès les années 1900 pour trouver l’inspiration. De la même manière que les surréalistes s’amusaient avec l’écriture automatique, un autre support de spiritisme. Son utilisation n’est donc pas contrindiquée, mais les utilisateurs doivent se sentir prêts psychologiquement à entrer en contact avec le monde des défunts.

Une autre méthode, aux origines du spiritisme : la Table tournante

Certes la planche ouija reste la technique la plus connue du spiritisme, c’est pour cela que je vous en ai parlé en premier. Mais pour autant, l’expérimentation qui a été la plus utilisée depuis le 19ème siècle reste celle de la table tournante. Je vais d’abord vous expliquer de quoi il s’agit, avant de vous décrire comment encore aujourd’hui on pratique le spiritisme de cette manière.

A l’origine, la tradition de la table tournante est issue des États-Unis, elle s’implante en France où elle perdure jusque pendant le 20ème siècle, avant de devenir plus anecdotique aujourd’hui. Dans les salons parisiens, hommes et femmes se réunissent autour d’une table et pratiquent plusieurs expériences paranormales afin d’entrer en contact avec des esprits. Aujourd’hui quelques disciples du spiritisme se retrouvent encore pour faire l’expérience de la table ronde qui a surement dû inspirer la planche ouija, bien plus répandue.

La technique de la table tournante consiste à poser ses mains sur une table ronde, tous en cercle, et à poser une question à l’âme du défunt ou à l’esprit présent dans la pièce. La table se soulève alors et frappe plusieurs coups pour signifier sa ou ses réponses. Pour avoir des indications précises, la communauté réunie récite l’alphabet en attendant que l’esprit fasse bouger la table au moment où il entend la lettre qu’il veut épeler. Ce procédé est très lent et les tables tournantes sont réputées pour durer assez longtemps. D’après les témoignages, il arrivait que les tables se soulèvent assez haut et tournent parfois entièrement sur elles-mêmes. D’où le nom de cette tradition spirit : les tables tournantes. Le système d’alphabet et de mouvement induit par l’esprit sont à l’origine de l’idée de la planche ouija.

Alors bien sur je ne vais pas vous dire que ces deux techniques sont sans danger, ce qui serait faux. En réalité, la dangerosité de la pratique du spiritisme ne réside pas là. Elle se trouve assurément dans l'impact psychologique, dans l'empreinte psychologique qu'une telle expérience va laisser dans votre esprit. Nombreux sont les témoignages de pratiquants ayant versé dans la folie suite à une pratique assidue et régulière du spiritisme. Ne sachant pas s'arrêter et se raisonner, ils en voulaient encore et toujours plus. On ne compte plus le nombre de cas de hantise ou de possessions, non avérées, rapportés après de telles séances. La peur de l'inconnu est et restera sans doute, le plus grand danger de ces techniques de communication.

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