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Mythes & Légendes

Les Succubes et autres esprits féminins

Selon de nombreux cultes, le féminin c’est le mal. J’ai voulu enquêter. Comment est représentée la femme dans chez les esprits et les démons ? Est-elle l’égal de l’homme ? Quels sont ces démons masculins entourant Satan ? Ce que je me demande aussi, c’est pourquoi est-il plus fréquent dans les contes et histoires de créer des esprits et fantômes de femme ? Nous allons découvrir tout cela en plongeant dans le monde des légendes ésotériques et folkloriques.  

 

Le Succube, le plus représentatif des démons féminins ? 

Les démons existent depuis bien plus longtemps que les textes religieux. Ce sont des personnages, de fiction, représentant des esprits ou des manifestations maléfiques, mauvaises. Les démons en Grèce, étaient des êtres nés des dieux. Ils n’étaient pas toujours mauvais, mais avaient juste moins de pouvoir que les dieux. C’est avec l’arrivée de la religion juive, puis chrétienne, musulmane, qu’en Europe, le mot “démon” se connote négativement.  

Lilith : la première femme d’Adam 

Avant d’être une figure maléfique reprise par la religion juive, Lilith existe dans d’autres cultures. C’est d’abord un démon originaire de Mésopotamie, sorte de déesse de la nuit, liée au vent et aux tempêtes. 

Elle n’apparait qu’une fois dans la Bible, dans le Livre d’Isaïe. Dans les différents livres critiques ou reliés à la Bible, elle est décrite comme un démon féminin ailé, aux cheveux longs. Et peu à peu, on la considère comme ayant été la première femme de Satan et premier des succubes. Dans les rites magico-religieux récents, les croyants la considèrent comme un danger pour les femmes enceintes et les enfants. Cette idée provient principalement des textes de la Kabbale datant du 13e siècle. Dieu l’aurait façonnée au même moment qu’Adam, mais avec une terre impure. Pour la punir d’être fondamentalement mauvaise, Dieu la condamne à voir tous ses enfants à mourir à la naissance. Elle se suicide et acquière alors, selon la religion juive, le pouvoir de tuer les enfants n’ayant pas été circoncis dans les huit premiers jours de leur vie. 

Le succube, fille de Lilith 

Lilith est tantôt considérée comme le premier succube, tantôt comme la mère des succubes. Ce sont des démons, prenant l’apparence d’une femme, séduisent les hommes durant leur sommeil. Elles servent de punition contre la luxure. Dans certaines légendes, elles vont jusqu’à prendre la forme de femmes défuntes et, faisant croire à leur résurrection, s’accouplent avec les veufs épris de désirs sexuels. 

Le succube est un démon exclusivement féminin, il créer à la fois une peur pieuse et un désir hérétique. C’est le démon qui a le plus contribué à diffuser une image de la femme négative. Il présente le sexe féminin comme traitre et maléfique, comme rusé et mensonger. Le succube peut, dans certaines légendes, se transformer en renard ou en serpent. D’ailleurs, quand on n’incombe pas à Satan la faute d’avoir trompé Eve, c’est Lilith qui se transforme en serpent afin de siffler dans l’oreille de la première femme d’Adam.  

 

Incube : le penchant masculin du succube 

Alors que démon féminin et succube signifient presque la même chose dans l’imaginaire collectif, l’incube lui est une sorte de démon très précis. Véritable opposé de genre du succube. C’est un démon mâle qui prend corps ou qui se manifeste en rêve afin d’abuser sexuellement d’une femme endormie. Relation sexuelle réelle inconsciente ou irréelle rêvée, l’incube commet obligatoirement un viol. Il va à l’encontre du consentement féminin quand le succube profite du désir masculin déjà existant.  

Quand le succube est un être séduisant, copiant fidèlement le corps d’une femme, l’incube, lui, est repoussant. Il est velu, hirsute, et parfois il possède des pieds de bouc. Il perverti la femme parfois jusqu’à la tuer en l’étouffant. Vision de cauchemar et non plus de rêve. Au moyen-âge et jusqu’au 20e siècle, la femme violée est considérée comme coupable. On considère qu’elle est punie et déshonorée par un démon. On pense qu’elle n’a pas bien servi en tant qu’épouse, ou qu’elle ne s’est pas préservée.  

L’incube est une créature créant dégoût et dont chacun doit se protéger et doit protéger les femmes qui l’entourent. Il est parfois à l’origine de personnages de légende. Merlin par exemple est le fils d’un incube et de la femme dont il a profité. C’est une créature qui existe dans de nombreuses légendes qui datent même de siècles précédant l’écriture de la Bible. On le connait sous des noms divers et on peut penser que la création d’un tel démon correspond aux phénomènes alors inexpliqués du cauchemar, de la paralysie du sommeil ou encore d’apnée du sommeil. 

Jusqu’à récemment, on pensait que l’hystérie était due à la rencontre d’un incube lors d’un rêve. Ce n’est qu’à partir de la fin du 19e siècle qu’on ne considère plus le rêve sexuel de la femme comme l’apparition d’un démon. Cela va de pair avec la compréhension du cauchemar par la psychiatrie puis, plus tard, par la psychanalyse. 

 

Démon féminin ou figure légendaire ? 

Il n’y a pas que les succubes et les incubes qui sont des représentations féminines de démons. De nombreuses autres formes démoniaques sont décrites dans les divers cultes du monde. Beaucoup de figures légendaires peuvent être reliée à ces démons. Parmi elles, je vous fais une petite liste exhaustive. 

Entre démon et légende

  • Les fées sont le plus souvent des êtres féminins. Elles sont magiques, d’une grande bonté et souvent décrites comme liée à la nature. Pourtant, selon certaines croyances, la fée ne serait qu’une sorte parmi d’autres d’anges déchus. Exclues du paradis mais fuyant les enfers. Entre ange déchu et démon, la limite reste floue. La dame du lac, une des fées les plus connues dans la mythologie arthurienne, était tantôt décrite comme un ange, tantôt comme un démon féminin séduisant le cœur des hommes. 
  • Les sorcières, elles aussi, sont tantôt perçues comme bénéfiques ou maléfiques. Mais dans l’imaginaire populaire, ce sont le plus souvent des femmes aux pouvoirs démoniaques. Selon la religion chrétienne, les femmes sorcières auraient fait un pacte avec des démons ou le Diable lui-même. Mais parfois, elles sont même décrites comme des esprits démoniaques. 
  • Les femmes vampires, moins nombreuses que leurs homologues masculins, sont aussi une forme de figures démoniaques. Mais elles parcourent surtout les romans en tant que représentations légendaires et gothiques. 
  • Le tranchant mythologique et légendaire le plus connu du succube féminin reste la sirène. Être mi-monstre (poisson), mi-humaine, elle chante pour attirer les hommes à elles. Si certaines dévorent leurs proies (notamment dans la mythologie antique) d’autres ne font que les pousser au “péché” et profitent de leur chair d’une manière plus sous-entendue. Lamia, monstre légendaire, entre sirène et démon est une figure féminine ayant parcouru les siècles. Elle est l’exemple parfait de la sirène succube d’attaquant aux hommes jeunes et cachant une forme monstrueuse. 

Loin de la réalité : des personnages de fiction

Les démons féminins en général sont proches de ces créatures pas tout à fait humaines ou animales. Ils font l’objet de légende comme ils ont été l’objet de rêve ou de cauchemar. Et parfois, ils ne correspondent à aucune réalité, si ce n’est l’imagination de quelques hommes. Ces différentes figures entre mythologie et légende servent donc à fournir l’imagination de romanciers. Tout comme l’imaginaire du succube et de l’incube qui semble ne répondre à aucune réalité de notre monde. Ce sont des personnages voués à faire peur, et parfois à donner une mauvaise image de la femme pour la rabaisser ou la priver de ses libertés. La réalité du monde des esprits est toute autre concernant la représentation du féminin. 

 

Esotérique : l’apparition d’un esprit féminin  

En fait, les esprits féminins ne sont que des âmes comme tant d’autres. Elles ne ressemblent pas à toutes les représentations que l’on peut retrouver en peinture ou dans les livres par exemple. Hommes et femmes dans l’autre monde restent qui ils ont été. Et c’est bien plus rassurant ainsi. Il n’y a plus de symbolique précise quant à rencontrer une femme ou un homme lorsqu’on est médium. C’est une âme, un point c’est tout. Elle a son histoire, son vécu, et parfois un doux message à faire passer aux vivants. Elle vient à moi pour vous rassurer, régler un ou deux détails avant de retourner là où est sa place. 

Alors je me demande encore pourquoi dans les films d’horreur il reste plus plaisant de représenter l’ésotérique à travers des fantômes de femmes ou même des femmes possédées. Est-ce que cela participe à représenter la femme comme un être plus faible ? La femme est-elle juste une âme plus ouverte que l’homme ? Ca je ne le sais pas … Tout ce que je sais aujourd’hui c’est que le fantôme, homme ou femme, représenté dans les films n’a plus rien à voir avec l’âme que je rencontre. 

Là où dans les films il n’y a que violence, horreur, dans la réalité, une âme est plutôt douce. C’est comme rencontrer une essence fugace, un souvenir, qui repart peu de temps après nous avoir déposer son témoignage. Evidemment, certains esprits peuvent être moins bien intentionnés, comme nous avons pu le voir dans l’article https://ethanmaure.com/les-esprits-frappeurs-mythe-ou-realite/. Mais ils sont peu nombreux, et c’est très rare pour un médium d’en rencontrer un dans sa vie.