Mythes & Légendes,  Religion

Que fête-t-on vraiment à Noël ?

Chaque année, lorsque le triste paysage de l’hiver laisse place à une symphonie de lumières et de décorations chatoyantes, je me rappelle que Noël est une de ces fêtes qui nous réunissent en famille. Nous avons tous appris que, religieusement, cette date du 25 décembre célébrait la naissance de Jésus. Ce que l’on sait moins, c’est qu’au tout départ, Noël était une fête du Soleil, celui qui vainc toujours contre la rudesse de l’hiver, celui qui apporte un peu de chaleur, même quand tout nous semble froid. J’ai donc décidé de vous offrir ce Noël, un article qui vous réchauffera le cœur.

Noël : l’origine du 25 décembre

Comme nous avons pu le voir, le 25 décembre n’a pas toujours été la date fêtée pour la naissance de Jésus de Nazareth, le messie chrétien, ou Christ. Pendant l’Antiquité, l’Empire Romain avait choisi cette date pour fêter la fin des Saturnales : les rites de préparation à l’hiver. Le 25 décembre ainsi que la nuit de sa veillée, furent choisit par l’empereur Aurélien comme fête du Soleil. C’était le moyen à la fois de féliciter tous ceux qui avaient préparé les réserves pour l’hiver arrivant, et en même temps de réconcilier deux groupes de croyants car ce jour était le jour de naissance de deux divinités. L’une, Mithra, Dieu indo-iranien de la lumière éclairante, et l’autre Sol Invictus, le Dieu du Soleil vainqueur.

Jésus de Nazareth serait, d’après les sources historiques les plus fidèles, né plutôt vers mars et de nombreuses années avant l’an 0 (approximativement en -6 ou 8 avant… lui même !). Les romains chrétiens auraient utilisé le prétexte de sa pseudo-naissance pour transformer cette date de fête païenne en fête chrétienne. La fête du 25 décembre était trop importante symboliquement pour le peuple, les chrétiens ne pouvaient pas tout simplement l’effacer, alors ils l’auraient introduite à leur culte. La première célébration d’un Noël chrétien date du 25 décembre 336. C’est pendant le Moyen-âge que Noël devient une des fêtes les plus importantes d’Europe. Elle est plus tard diffusée dans le monde entier par la colonisation puis le phénomène de mondialisation.

Aujourd’hui, la fête de Noël, si elle conserve ses origines religieuses, est passée dans les traditions culturelles de beaucoup de pays. D’ailleurs en France, c’est un jour férié, elle doit permettre de retrouver les êtres qui nous sont chers, famille ou amis. Après Pâques, Noël reste tout de même la deuxième fête chrétienne la plus célébrée. Les différentes traditions qui sont attachées à Noël ont aujourd’hui soit un sens chrétien, soit un sens familial et profondément humain, parfois les deux.

Les traditions de Noël

Je vais maintenant vous raconter d’où viennent les traditions et les symboles de Noël. Il faut savoir que si certaines traditions sont fêtées aujourd’hui dans toutes la France, certaines sont propres à une région et issues d’autres traditions ancestrales.

Le sapin de Noël est apparu dès le moyen-âge, mais on ne  retrouve sa trace dans tous les foyers qu’à partir du 19e siècle. Aujourd’hui les sapins sont flamboyants, décorés de boules de couleur, de guirlandes lumineuses ou farfelues, de dizaines de décorations et parfois d’une jolie étoile à son sommet. Le sapin symbolise le renouveau de la vie, grâce à ses feuilles persistantes : il représente l’espoir que l’hiver à venir ne sera pas trop rude et que les terres résisteront à sa venue. L’étoile à son sommet est une référence chrétienne à l’étoile de Bethléem qui guida les rois mages jusqu’à Jésus.

Mais à Noël, le sapin sert surtout à cacher une myriade de cadeaux apparaissant la nuit du 24 ou le matin du 25 en fonction des familles. Savez-vous d’où provient cette tradition des cadeaux offerts à Noël ? En fait, le don de quelque chose à Noël n’a rien de religieux, et au départ, rien de commercial non plus. Noël représente la réunion en famille ou entre proche, le cadeau est en fait l’hériter d’une tradition du don – il représente la bonté humaine et l’amour. D’ailleurs le cadeau n’est pas toujours quelque chose d’acheté, à l’origine c’est la transformation et la réutilisation de quelque chose dont on ne se sert plus et qui peut servir à une personne que l’on aime. Et pour beaucoup, il n’y aurait pas de cadeau sans Père Noël.

Le Père Noël a des origines diverses. C’est un personnage très moderne dont on dit souvent qu’il est inspiré de Nicolas de Myre : Saint Nicolas. Quand on pense à un Noël, fête de la nativité, on peut aussi penser que le Père Noël est inspiré de certains personnages bibliques : il représente la paternité, la famille. Mais on relie aussi ce personnage à la mythologie nordique, plus spécifiquement au Dieu Thor qui dans certaines légendes est représenté comme un vieillard à la barbe blanche qui s’habillerait de rouge et voyagerait sur un char. La ressemblance est troublante n’est-ce pas ?

Saint Nicolas aurait sauvé, (ou même ressuscité selon certains écrits) trois enfants qu’un boucher voulait tuer, il est donc considéré par la religion chrétienne comme le protecteur des jeunes enfants. En sa mémoire, principalement dans le centre et l’est de l’Europe, on fête son nom le 6 décembre.

Au 18e puis surtout au 19ème siècle, Noël devient chez les bourgeois et aristocrates français un moment de réunion familiale. C’est avec la révolution industrielle et l’essor du commerce que le cadeau se répand vraiment et que la légende du Saint Nicolas généreux grandit. Mais il ne devient le Père Noël que nous connaissons qu’avec l’américanisation de l’Europe et sa déchristianisation politique. Aujourd’hui, quel que soit son pays ou son nom « Santa Claus », « Weilnachstmann », il a le même but dans tous les pays : distribuer des cadeaux aux enfants dans la nuit du 24 au 25 décembre.

A côté du Père Noël, on retrouve souvent ses nombreux rennes. Ils sont au nombre de 8 jusqu’au 20ème siècle : Tornade, Danseur, Furie, Fringant, Comète, Cupidon, Éclair et Tonnerre. Le neuvième qui se nomme Rudoplh ou Rodolphe est créé en 1939 dans le conte du poète Robert L. May.

La Crèche est une représentation entièrement religieuse. C’est la mise en scène de la nativité : la naissance de Jésus. A l’origine, elle représente les personnages les plus importants du récit biblique : L’enfant Jésus, les trois rois mages, Joseph et Marie accompagnés de l’âne qui l’a portée jusqu’à l’étable où serait né l’enfant. Le plus souvent, on y trouve aussi un bœuf qui aurait réchauffé Jésus à sa naissance. Certaines crèches restent simples, d’autres y ajoutent de nombreux personnages (anges, animaux, bergers, étoiles etc.). Certaines représentations sont immenses et parfois même articulées ou mécaniques : on les appelle des crèches vivantes. La plupart du temps, la naissance de Jésus est représentée dans un décor romain, ou de l’époque du Moyen-âge. En plus d’un rappel historique, pour les chrétiens, cette représentation symbolise l’amour et la chaleur qui nait au milieu du froid pour sauver les hommes.

La Buche, quant à elle, est évidemment un gâteau délicieux qui nous met presque tous d’accord au moment de sa dégustation. Pour peu qu’il n’y ait pas eu un grand débat autour du choix d’une buche glacée ou crémeuse, aux fruits ou au chocolat. Mais elle a elle aussi une origine et des symboles spécifiques. Cette tradition existe depuis le Moyen-âge dans les pays francophones, mais il est probable qu’elle ait même des origines païennes. Dans plusieurs mythologies, il était courant d’offrir aux Dieux une bûche géante au solstice d’hiver et de prier pour la qualité des récoltes de l’année suivante. Cette tradition perdura pendant le Moyen-âge : la veille du solstice d’hiver, on lançait une très grosse bûche bénie dans le foyer qui devaitt se consumer le plus lentement possible. La tradition devait réunir tous les membres de la maison autour du feu, le lieu où l’on racontait de vieilles légendes et priait pour une fructueuse année au printemps suivant. La forme de bûche aurait remplacé le traditionnel gâteau de noël autour du 19e siècle, alors que l’industrialisation amenaient de plus en plus de personnes à quitter les champs pour rejoindre la ville. Elle devient presque indispensable, un symbole de prospérité, à partir des années 1950. Dans les autres pays fêtant Noël, d’autres pâtisseries sont liées à Noël et possèdent toutes leur propre histoire. Le pain d’épice, le sucre d’orge et autres friandises sont autant de sucreries permettant de réchauffer les cœurs et d’apporter de petits éclats de joie au moment de se retrouver en famille ou entre amis.

Le Houx est plus ou moins utilisé en tant que décoration : tout dépend des familles. Il fait partie de l’histoire chrétienne de la nativité. Après la naissance de l’Enfant Jésus, la nouvelle se serait répandue que le roi des juifs serait né. Poursuivis par Hérode, le roi de la Galilée, tous les nouveau-nés juifs et leur famille durent fuir la ville de Bethléem. La légende raconte que lorsque Marie et Joseph furent acculés par les soldats, prêt à être découverts, un buisson de houx s’ouvrit protégeant la famille de ses épines. En reconnaissance, ce fut Marie qui bénit cette plante, lui permettant de garder ses feuilles toujours vertes en dépit des dures saisons. Le houx  symbolise aujourd’hui autant la protection que la pérennité et l’immortalité.

Tout autant de traditions, de symboles que nous avons parfois oublié, parfois non. Mais ce sont des traditions qui restent importantes, même sorties de leur contexte religieux. Elles nous permettent de nous réunir, de réchauffer nos cœurs endurcis par la vie et ses aléas. Elle permet aussi de nous souvenir de nos proches et de raviver et entretenir l’esprit de famille. La fête de Noël est donc pleine de valeurs positives que je vous invite à partager avec douceur et amour.

Je vous souhaite à tous et à toutes, un très bon réveillon et un très beau Noël.